EXCLU. Raphaël Lenglet (Demain nous appartient) sans filtre sur Brice, “un immense manipulateur”
Télé Star : Qui est ce Brice que vous incarnez dans Demain nous appartient ?
Raphaël Lenglet : C’est un immense manipulateur. Il a un ego sur-dimensionné mais fracassé. Souvent les pervers narcissiques, comme lui, n’ont pas conscience de ce qu’ils sont. Leur identité c’est de rabaisser les autres sans doute parce qu’au fond, ils doutent d’eux-mêmes. Il a plusieurs facettes et s’adapte à la peur de la personne qu’il a face à lui. Il est prêt à porter tous les masques c’est pour cela que j’avais envie de proposer quasiment une personnalité par scène. Je le voulais imprévisible, qu’on ne sache jamais quel outil il allait utiliser pour frapper psychologiquement ses adversaires. Ce genre de personnage est extrêmement stimulant pour un acteur.
Comment l’avez-vous composé ?
Déjà, les auteurs ont super bien bossé. Ensuite, j’ai fait mes propres recherches. On a tous croisé des gens toxiques dans nos vies. Ce qui est intéressant dans une relation entre un pervers et sa proie c’est ce tango qui s’installe. S’il n’y a pas, au départ, une faille narcissique chez la victime, l’autre n’a pas de prise et la danse ne se fait pas. L’urgence c’est de comprendre pourquoi on accepte d’être rabaissé, d’où ça vient ? Ensuite, il faut apprendre à identifier les signes avant coureurs pour ne plus reproduire cette mécanique, sensibiliser sur le phénomène d’emprise et verbaliser ce qu’on ne veut plus accepter. Quand on n’a connu que ce genre de relation toxique, ça peut ressembler à une zone de confort. Seul le regain d’estime de soi permet de ne plus replonger. Apprendre à s’aimer, à se respecter est un long travail mais il est le point de départ des relations saines.
Raphaël Lenglet : “Je suis là pour créer le personnage”
Comment parvenez-vous à être sincère en jouant une attitude que vous réprouveriez dans la vraie vie ?
Je ne me mets jamais à 1000% dans le rôle pour pouvoir rester neutre. Je suis là pour créer le personnage et le servir sans verser dans le jugement.
Est-ce la première fois que vous êtes sollicité pour jouer dans Demain nous appartient ?
Non, on me l’a déjà proposé mais j’avais des hésitations. Mhamed Arezki (il a joué Malik, le frère de Karim Saheed, ndlr) que je connais depuis 20 ans, a contribué à faire tomber les barrières. Il m’a dit tellement de bien de cette série… Il avait raison, c’est une expérience formidable.
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“Franck Monsigny est devenu un copain”
Pourriez-vous envisager de revenir comme réalisateur ?
J’adorerais. Ça a été évoqué.
Quels sont ceux qui vous ont le plus marqué pendant votre passage sur le plateau ?
J’aimerais poursuivre la conversation avec Vincent Giovanni qui a réalisé la plupart des épisodes dans lesquels j’ai joué. On est fait du même bois. Et puis il y a Franck Monsigny (Martin) qui est devenu un copain. J’ai eu énormément de plaisir à travailler avec Jennifer. Il y a un esprit particulier et très bienveillant sur cette série.