EXCLU. Un si grand soleil : “des red flags énormes”, Clémence Boeuf sans filtre sur le destin de Charlotte

EN BREF
Clémence Boeuf évoque pour Télé Star son rôle dans ‘Un si
grand soleil’, notamment l’intrigue autour de Charlotte sous
l’emprise de Sacha.
Elle évoque le défi de de jouer des scènes difficiles,
comme celle du viol, et l’importance de bien comprendre le
mécanisme de l’emprise.
L’actrice partage son expérience sur la manière dont ce
rôle a influencé sa perception des relations toxiques et des
prédateurs émotionnels.
Télé Star :A quoi avez-vous
pensé à la lecture de cette arche où Charlotte se retrouve sous
l’emprise de Sacha ?

Clémence Boeuf : Disons qu’après
l’intrigue sur l’accident de voiture et celle du harcèlement
scolaire qui étaient des événements importants dans la vie de
Charlotte, je me suis demandée si celle sur l’emprise allait
fonctionner, si ça n’allait pas faire trop ? Mais c’est tellement
bien ficelé que toutes mes inquiétudes se sont très vite
dissipées.

Certaines scènes vous ont-elles plus questionné que
d’autres ?

Oui, j’avais vraiment besoin qu’on comprenne que Charlotte ment
parce qu’elle n’est plus maitresse d’elle-même. Ce qu’elle fait à
Manu est abominable mais jamais elle ne se serait comporté comme ça
si elle n’avait pas été sous emprise.

Connaissiez-vous ce principe d’emprise ?

Même si je fais partie d’une génération plus éclairée que celle
de mes parents sur ces questions d’emprise, j’ai quand même appris
des choses notamment sur tout ce mécanisme qui se met en place de
manière sournoise et qui agit comme si on se dissociait de son
propre corps. En jouant, j’avais vraiment le sentiment que
Charlotte était devenue la marionnette de Sacha (Arthur
Beaudoire). Il l’isole, la coupe de son monde, pour la manipuler.
C’est comme ça qu’il devient le centre de son monde et qu’elle n’a
plus vraiment conscience de la gravité de ses actes.

Clémence Boeuf : “Une chance de défendre un sujet de société
aussi dur”
Comment expliquez-vous qu’elle soit devenue cette
marionnette alors qu’elle a toujours montré du caractère
?

C’est précisément ce que je trouve hyper intéressant : on montre
qu’il n’y a pas de profil type pour ce genre de prédateur. Elle a
pourtant eu des « Reds flags » énormes mais elle s’est faite
embarquer quand même. Il a suffi d’une micro faille, une fragilité
dans sa vie pour que
Sacha en profite et prenne la main.

Pourquoi était-ce important, pour vous, de défendre ce
sujet ?

C’est une chance de défendre un sujet de société aussi dur dans
une série comme un si grand soleil à un horaire où beaucoup de gens
regardent (2,8 millions de téléspectateurs en moyenne, ndlr). Je me
dis que ça peut aider des personnes en souffrance à aller demander
de l’aide.

Une scène particulièrement
difficile
Vous avez dû jouer des scènes particulièrement
difficiles, comme celle du viol. Comment vous y êtes-vous préparée
?

J’ai été accompagnée avec énormément de bienveillance. D’abord,
il y a eu des échanges avec la coordinatrice d’intimité. On peut
exprimer nos angoisses, dire ce qu’on ne veut pas accepter, ce
qu’on ne veut pas montrer. J’étais très angoissée par cette scène
du viol. Je me suis donc accrochée à la technique. Je me suis dit
que plus j’avais d’informations, plus c’était préparé, moins je
serais paniquée et mieux je pourrais jouer. J’ai aussi eu la chance
de travailler avec Arthur qui est un partenaire attentionné en qui
j’ai toute confiance. C’est aussi le cas d’Axelle
Laffont qui réalisait. J’ai toujours eu la place pour lui
confier mes peurs et elle a toujours su trouver les mots pour me
rassurer.

Etes-vous sortie intacte de ces semaines de tournage
?

Psychologiquement oui parce que la production met tout en oeuvre
pour qu’on soit accompagné en douceur. Par contre, j’ai été
surprise par les courbatures ressenties. J’ai somatisé et mon corps
a pris cher sur le moment