[INTERVIEW] – DIANE DASSIGNY, DE LA COMÉDIE MUSICALE À PLUS BELLE LA VIE ENCORE PLUS BELLE, UN PARCOURS DE DÉFI : « J’ai joué dans PBLV des choses qu’on ne m’avait jamais proposées auparavant »
Comédienne aux multiples facettes, Diane Dassigny a su marquer le public aussi bien à l’écran que derrière le micro. De la scène musicale à Profilage et Plus belle la vie, en passant par le doublage – où elle prête sa voix à de nombreux personnages – la comédienne construit un parcours riche et éclectique.
À l’occasion de cette rencontre, elle revient sur son parcours, ses rôles emblématiques à la télévision ainsi que son arrivée dans le doublage, les défis du métier et les enjeux actuels liés à l’intelligence artificielle. Une discussion passionnante avec une artiste qui navigue avec aisance entre jeu à l’écran et travail de la voix.
Vous avez commencé l’art très tôt, dès l’âge de 6 ans, avec la musique et la danse notamment. Est-ce qu’il y a eu un déclic, quelque chose qui a fait que vous avez démarré si tôt ?
J’ai toujours eu envie de danser. La danse, c’est un peu comme pour toutes les petites filles, je pense : il y a une attirance assez innée pour cette discipline. Et la musique, on en écoutait beaucoup à la maison. Après, il se trouve que ma mère était comédienne. Elle s’est arrêtée quand elle est tombée enceinte de moi, puis elle n’a pas repris. Mais on allait beaucoup voir des spectacles, des concerts, des ballets. Elle avait aussi beaucoup d’amis dans le milieu artistique. Donc forcément, j’ai été très tôt voir des spectacles vivants. C’est ça qui, j’imagine, m’a donné cette envie-là. Mais c’est vrai qu’à la base, c’était plus le théâtre.
« J’aime beaucoup l’exigence, j’aime travailler »
Peut-être qu’on l’oublie, mais vous avez fait de la comédie musicale, notamment Mozart, l’opéra rock, entre 2009 et 2011. Qu’est-ce que cet exercice vous a appris ?
C’est un souvenir extraordinaire. Le public était toujours au rendez-vous, c’était incroyable, et la troupe s’entendait merveilleusement bien. On a tourné dans toute la France, mais aussi en Corée pendant trois mois. On a également fait des versions concert avec les six chanteurs principaux, un chœur et un orchestre, en Russie et en Ukraine. Le chœur était ukrainien, et on a chanté en Russie. C’était avant la guerre, donc j’ai eu la chance de vivre ça.
L’exercice tenait surtout au rythme. On jouait tout le temps, parfois deux fois par jour, en arrivant très tôt pour la préparation : costumes, maquillage, coiffure… Là, on apprend à préserver sa voix, comme un muscle. On fait des vocalises tous les jours, on s’entraîne pour que la voix tienne, pour ne pas être fatiguée, ne pas flancher, même s’il y a des doublures. Comme un sportif, finalement : il faut tenir sur la durée. C’est aussi plus exigeant qu’une pièce de théâtre, où l’on ne sollicite pas sa voix chantée. Et en même temps, il y a une énergie de groupe qui nous porte. Je n’ai pas du tout le souvenir d’une fatigue extrême. Plutôt celui d’un rouleau compresseur… mais un rouleau compresseur de bonheur.
Mais vous savez, je n’ai pas trouvé ça plus exigeant que de jouer au théâtre tous les soirs ou sur Plus belle la vie, où le rythme est très soutenu. J’ai une hygiène de vie assez stricte – ce n’est pas très drôle dit comme ça (rires), mais je ne bois pas beaucoup.
Dans ces métiers-là, c’est essentiel. Je l’ai toujours eue, donc je n’ai pas eu l’impression de faire des sacrifices. La clé, c’est vraiment le sommeil. On arrivait au Palais des Sports vers 15h45, et à 1h du matin, on signait encore des autographes. Et on le faisait avec plaisir, parce que les gens vous donnent tellement d’amour.
Un de mes atouts, c’est d’avoir commencé la danse très jeune. J’aime beaucoup l’exigence, j’aime travailler. Je sais qu’il y a des comédiens qui préfèrent arriver avec leur spontanéité sur les tournages, apprendre leur texte le jour même… Moi, c’est tout l’inverse.
Vous avez remarqué des différences entre le public français et le public coréen par rapport à la comédie musicale ?
C’est très, très différent. En France, le public est très communicatif : il crie, il chante avec nous, les gens sont souvent sur leur téléphone. Et c’est vrai que ça nous transporte. En Corée, il y a quelque chose de très respectueux. Ils ne sortent leur téléphone qu’au moment des saluts. Il faut savoir qu’ils ont la traduction de ce qu’on chante directement sur le devant de leur siège. Du coup, c’est un silence presque comme à l’opéra : on pourrait entendre une mouche voler. Là-bas, ils ont cette même discrétion. Mais malgré ça, on a reçu un accueil incroyable en Corée.
À la télévision, l’un de vos premiers tournages était La Colline aux 1000 enfants, avec Guillaume Canet. Comment avez-vous vécu cette première expérience ?
C’était vraiment un très, très beau téléfilm, magnifiquement adapté et très émouvant. Il est même sorti au cinéma dans certains pays et a même reçu un International Emmy Award. Et puis il y avait la musique sublime de Bruno Coulais. C’était un film qui racontait l’histoire de Fred (Patrick Reynal), un pasteur dont je jouais la fille. Pendant la Seconde Guerre mondiale, il a sauvé plus de 5 000 enfants juifs – pas tout seul, évidemment, mais avec l’aide de tout un village. J’en garde un superbe souvenir. C’était une très belle manière de commencer ma carrière, même si le tournage était exigeant. On tournait dans les Cévennes, il faisait froid et on avait des horaires assez hallucinants. C’était une production avec peu de moyens, donc pas forcément dans des conditions idéales. Malgré tout, les tournages, c’est assez marrant quand on est enfant. On était plusieurs enfants sur le tournage. Je me souviens qu’on avait une coach qui s’occupait de nous et nous faisait travailler nos cours.
Y avait-il une appréhension lors de ce premier tournage ?
En fait, plus on vieillit, plus on a de l’appréhension. Là, c’était encore très insouciant, très ludique. Je n’étais qu’une enfant. Je savais déjà que je voulais en faire mon métier, mais je ne me mettais pas la pression que je peux me mettre aujourd’hui. On aborde les choses de manière moins sérieuse quand on est enfant.
Avant Plus belle la vie encore plus belle, le grand public vous a découverte dans une autre série populaire, Profilage. Vous repreniez le rôle de Jessica, auparavant tenu par Julia Piaton. Est-ce que c’était difficile de reprendre un rôle existant, et comment l’avez-vous abordé ?
Je vous avoue que, quand on m’a contactée pour me proposer de passer le casting afin de reprendre le personnage – la comédienne quittant la série -, j’ai tout de suite demandé si c’était pour faire une copie de ce qu’avait fait Julia. Aux États-Unis, c’est monnaie courante de reprendre un rôle, mais beaucoup moins en France. Au début, je trouvais ça assez étrange, et j’avais surtout peur de la réaction du public, qui pouvait être attaché au personnage – même s’il n’apparaissait qu’épisodiquement – et donc à la comédienne qui l’incarnait. Ce qui m’a rassurée, c’est qu’on m’a vite fait comprendre que je pourrais y apporter ma propre nature. On est forcément plus à l’aise quand on sait ça. Et puis, comme je le disais, le personnage n’était pas encore récurrent, donc j’avais une plus grande liberté.
D’autant plus qu’il allait le devenir, ce qui laissait au public le temps de s’attacher à cette nouvelle version. La production m’a mise très à l’aise là-dessus, et je n’ai pas spécialement regardé ce qu’elle avait fait auparavant.
La transition s’est faite doucement. Je n’étais pas très présente dans les premiers épisodes. On a aussi beaucoup travaillé la relation avec Raphaël : on a trouvé plein de choses, on s’est vraiment amusés. C’était une série assez sombre, et c’est aussi pour ça qu’ils voulaient développer ce personnage, parce qu’il apportait quelque chose de plus lumineux, de plus léger. Je me suis vraiment éclatée à aller toujours plus loin. Et plus je proposais des choses, plus ils étaient friands de ces propositions.
« Parfois, même quand je ne vais pas bien ou que j’ai mal dormi, le fait de jouer Jennifer me fait du bien »
Vous êtes aujourd’hui l’une des nouvelles figures de la version TF1 de Plus belle la vie, encore plus belle, dans le rôle de Jennifer. De quelle façon avez-vous travaillé ce personnage au début de la série ?
J’aime bien essayer de me détacher de moi-même quand j’interprète un personnage. Mais là, pour le coup, dans une série quotidienne – où il faut incarner un personnage sur la durée – je me suis demandé : qu’est-ce que moi, je peux vraiment lui apporter ? Et en quoi je lui ressemble, pour créer une forme de fusion entre moi et le personnage imaginé par l’écriture, afin que ça tienne sur le long terme ? En réalité, on s’est rencontrées avec ce personnage dès le casting. Même dans les scènes d’essai, on a trouvé des points communs. Je me suis glissée dans sa peau très facilement.
Aujourd’hui, ce qui est super, c’est que les auteurs nous connaissent bien. Ils écrivent presque du sur-mesure pour nous. On peut proposer des choses, mais en même temps, il faut garder une certaine distance avec le personnage. Sinon, ça peut devenir un peu dangereux psychologiquement. C’est ça que j’aime dans le travail des quotidiennes : le fait de pouvoir explorer un personnage sur le long terme.
Jennifer vient d’une histoire familiale compliquée, mais c’est quelqu’un qui compense en étant solaire et lumineuse. C’est comme ça que je me la raconte : elle transforme ce passif assez lourd en énergie positive. Parfois, même quand je ne vais pas bien ou que j’ai mal dormi, le fait de jouer Jennifer me fait du bien. Je sais que je vais passer une bonne journée, parce qu’elle me transmet son énergie.
Au début, quand vous avez appris que Samuel allait mourir, quelle a été votre réaction ?
Je l’ai su avant même la lecture du scénario. En fait, on ne s’y attendait pas du tout. On pensait plutôt à un départ, peut-être un voyage… mais pas du tout à une mort. Donc, ça a été assez brutal. Et je ne pensais pas que ça me ferait cet effet-là. Parce que mine de rien, ça faisait deux ans qu’on jouait ensemble. Ce fût un vrai petit deuil pour moi aussi, de savoir qu’on n’allait plus travailler ensemble.
Cependant, ce qui est chouette, c’est qu’on a eu une très belle intrigue de sortie pour le personnage, et donc aussi une très belle intrigue pour Jennifer. On a été très gâtés par les auteurs. Mais oui, c’était très fort, d’autant qu’avant la mort de Samuel, il y a eu toute son addiction, notre séparation… On a eu énormément de choses à jouer en très peu de temps. Un vrai beau challenge.
Sur notre dernière scène ensemble, à l’hôpital, je pensais qu’on serait en équipe réduite, en petit comité. Mais comme c’était son dernier plan, il y avait toute l’équipe technique, la production… tout le monde était là pour voir la séquence. Là, j’ai ressenti une énorme pression. Ça me bloquait un peu pour faire venir l’émotion. C’est ça qui est difficile aussi : ne pas se laisser perturber par les éléments extérieurs.
C’est génial, une quotidienne, parce que ça permet à un comédien ou une comédienne de jouer plein de registres différents : le drame, la comédie… c’est hyper enrichissant.
Surtout qu’en France, on est souvent un peu cantonnés. Quand on est blonde, qu’on parle vite, qu’on est un peu rigolote, on nous propose souvent le même type de rôles. Là, dans une quotidienne, on est obligés de passer par plein d’émotions, sinon le public se lasserait. Et moi, j’ai joué dans Plus belle la vie des choses qu’on ne m’avait jamais proposées auparavant.
« La France est un grand pays consommateur de versions françaises »
Vous faites beaucoup de doublage. Comment êtes-vous arrivée dans ce milieu ?
J’ai eu un parcours assez classique, puisque j’ai débuté par un stage. J’avais déjà pas mal d’amis qui faisaient du doublage depuis longtemps. De mon côté, j’avais travaillé dans le dessin animé, mais pas encore en doublage. J’avais fait de la création de voix à partir de ce qu’on appelle des animatiques, ce qui m’a notamment permis de rencontrer une directrice de plateau, Blanche Ravalec.
Un jour, je me suis retrouvée avec Alexis Tomassian, avec qui j’étais au collège des Enfants du spectacle. Nous avons travaillé ensemble sur Les Podcats, et il m’a dit : « Tiens, si tu veux faire du doublage, je t’emmène, j’ai un plateau. » Il m’y a donc amenée, et le directeur artistique m’a fait passer des essais. J’ai ensuite fait un stage pour apprendre la technique, puis un autre avec François Dunoyer, avec qui j’avais déjà travaillé sur Julie Lescaut. J’ai commencé par faire des ambiances, avant d’obtenir progressivement des rôles. J’ai eu de la chance, car tout s’est fait assez rapidement.
C’était un univers qui vous attirait un petit peu avant, ou pas du tout ?
À l’école des Enfants du spectacle, il y avait Alexis Tomassian et Dorothée Pousseo, qui est une grande figure du doublage. Elle m’avait emmenée sur un plateau de Claude Ventura, un immense directeur artistique, malheureusement décédé. Il y avait sa fille, Élisabeth Ventura, une comédienne formidable, et il avait besoin qu’elle ait des copines pour venir dire quelques lignes sur un film qu’ils étaient entrain de doubler : My Girl. Elle en avait donc invité deux copines, dont moi. À la fin de l’enregistrement, Claude Ventura est allé voir ma mère en lui disant que j’avais une voix très intéressante. Mais moi, j’ai répondu que ça ne m’intéressait pas du tout de passer mes journées dans le noir à faire uniquement de la voix. Je voulais déjà être comédienne. À l’époque, je n’avais pas du tout compris l’intérêt du doublage.
Aujourd’hui, je trouve ça magique, parce que cela permet d’explorer des personnages qu’on ne nous proposerait jamais à l’image. En prise de vue réelle, on dépend de son physique, de beaucoup de choses. Là, le fait que seule la voix compte ouvre l’accès à des rôles incroyables, parfois très éloignés de soi. C’est un véritable métier, qui offre une grande liberté d’expression. Et ce qui est fascinant, c’est de réussir à créer quelque chose de personnel, même à partir d’un personnage déjà interprété. D’y apporter sa propre sensibilité. Je trouve ça fascinant.
J’aimerais évoquer le doublage de Once Upon a Time… in Hollywood. Vous prêtiez votre voix à Margot Robbie, habituellement doublée par Dorothée Pousseo.
Dans le film, Margot Robbie propose une composition particulière pour le rôle de Sharon Tate, avec une voix plus aiguë, plus légère. Les studios ont donc estimé que la voix de Dorothée ne correspondait pas totalement à cette version du personnage. Le directeur de plateau, Michel Derain, m’a alors appelée pour me proposer de passer des essais. Mais Dorothée est une amie proche. Pour moi, l’amitié passe avant tout, et je ne voulais pas lui « prendre » le rôle. Je l’ai donc appelée, et elle m’a tout de suite rassurée en me disant que ça lui ferait très plaisir que ce soit moi, qu’il n’y avait aucun souci.
Je me souviens que certains forums se sont emballés, et qu’une petite polémique est née autour du casting VF du film. Néanmoins, c’était une expérience très intéressante. J’ai dû alléger ma voix, car même si elle est naturellement un peu plus légère que celle de Dorothée, Margot Robbie a, dans le film, des scènes où elle joue minaude. Et puis, c’était un vrai plaisir de travailler sur un film de Quentin Tarantino : on a vraiment pris le temps de chercher, d’affiner.
Est-ce qu’il y avait malgré tout une certaine pression à passer après Dorothée ?
Oui, forcément, cela met une petite pression, c’est normal. Mais le directeur de plateau est là pour nous accompagner, nous faire travailler, nous rassurer, et chercher avec nous. On se sent donc très encadré, un peu comme avec un réalisateur sur un plateau de cinéma ou de télévision.
Il y a un autre personnage qui a dû être très amusant à interpréter : Kitty Patte de Velours dans Le Chat Potté 2. Là aussi, vous passiez après Virginie Efira, qui avait participé au premier opus.

Les studios n’ont pas cherché à faire du copier-coller. J’étais ravie, et c’est assez effectivement amusant, parce qu’entre Julia Piaton et Dorothée Pousseo, il m’est déjà arrivé de remplacer certaines actrices. Mais en réalité, presque tous les comédiens sont amenés, à un moment ou à un autre, à remplacer quelqu’un d’indisponible ou pour x raisons. Ça fait partie du métier, et c’est toujours un peu challengeant.
Pour la voix, c’était un travail avec Virginie Mairet, la directrice de plateau. Nous avons cherché ce qui correspondait le mieux aux expressions du personnage : à la fois drôle, un peu manipulatrice, et très déterminée. La difficulté, en doublage de film d’animation, c’est justement de ne pas tomber dans le cartoon. Il faut travailler comme pour un personnage réel, sans jamais caricaturer. Et c’est finalement plus complexe qu’on ne le pense : on pourrait être tenté d’en faire trop, d’y mettre plus d’énergie ou de folie, mais à l’écran, cela peut vite déséquilibrer le personnage.
Il faut au contraire rester extrêmement précis, presque plus encore que sur de la prise de vue réelle. C’étaient donc deux propositions très différentes, mais tout aussi cohérentes. D’ailleurs, je n’ai pas souhaité regarder ce que Virginie Efira avait fait auparavant, pour ne pas être influencée.
Les comédiens de doublage sont aujourd’hui inquiets face à l’IA. Emmanuel Curtil a d’ailleurs livré une déclaration marquante aux César. Quel est votre point de vue sur ce sujet ?
Il a vraiment rendu un très bel hommage à tous les comédiens de doublage. C’était une manière forte de sensibiliser le public. La France est un grand pays consommateur de versions françaises. Dans certains pays, les spectateurs privilégient largement la version originale, mais ce n’est pas notre cas.
Oui, cela m’inquiète, à la fois en tant que comédienne et en tant que mère. Aujourd’hui, les jeunes ont accès à tout très facilement : ils n’ont plus forcément besoin d’apprendre de la même manière, ni même d’aller chercher l’information ailleurs, puisque tout est immédiatement disponible sur Chat GPT. Après, j’essaie de relativiser. C’est un peu comme à l’arrivée d’Internet : il y avait beaucoup de craintes, et finalement, cela a aussi permis l’émergence de choses positives, malgré les dérives. J’espère qu’il en sera de même avec l’intelligence artificielle. Mais il est évident que cela va faire disparaître de nombreux métiers. Certains commencent déjà à être impactés, et nous sommes, en tant que comédiens de doublage, en première ligne. Heureusement, il reste le spectacle vivant. Notre métier, au fond, est de transmettre des émotions. Et ce sont justement nos imperfections qui donnent toute leur richesse aux interprétations, toute leur singularité aux artistes. Je pense aussi que, lorsque l’on va trop loin dans une direction, il y a toujours un besoin de retour aux sources, aux traditions. C’est peut-être là que réside une forme d’espoir.
Echange réalisé au Festival de Luchon 2026.