Très ému, Moïse Santamaria (Un si grand soleil) évoque la disparition choquante de sa grand-mère : “Je n’ai même pas été à l’enterrement” (ZAPTV)
Ce mardi 20 janvier, Faustine Bollaert a reçu dans Ça commence aujourd’hui des invités bien connus du grand public. Parmi eux, la prof d’expression scénique de la Star Academy, Marlène Schaff et Moïse Santamaria. L’acteur, tête d’affiche d’Un si grand soleil, s’est replongé pour l’émission dans son adolescence, particulièrement douloureuse.
ans Un si grand soleil, il incarne, depuis 2018 déjà, le capitaine Manu Léoni, un policier intègre, dévoué à sa mission, et qui fonctionne à l’instinct. Manu tout comme Moïse Santamaria est capable d’agir avec un immense sang-froid, mais il peut aussi flirter avec les limites surtout lorsque les gens qu’il aime sont en danger. Depuis plusieurs saisons, le personnage forme à l’écran un couple avec Ève Prodi, la professeur de Français du Lycée Flaubert incarnée par Emma Colberti. Moïse Santamaria et la comédienne ne le cachent pas, ils sont devenus très complices et dans Ça commence aujourd’hui l’acteur a reconnu, face à Faustine Bollaert, que c’est par l’entremise de sa partenaire de jeu (elle-même précédemment invitée de l’émission) qu’il avait contacté l’équipe à propos de la thématique du jour : “Cette blessure d’enfance qui les a poussés sur le devant de la scène”.

Moïse Santamaria : deux tragiques disparitions marquent son adolescence
Dans la foulée des témoignages de Fabien Lecoeuvre et Marlène Schaff, le comédien de 47 ans s’est livré sur ses origines espagnoles, son arrivée en France et sa vie dans des conditions d’extrême précarité. Il a aussi évoqué avec pudeur la violence paternelle d’un père qui n’a pas les mots. “C’était une époque où la grosse baffe, le coup de ceinture part très vite, ça nourrit la colère […] Je voyais rouge très vite […] Je me battais énormément puisque je m’étais promis que personne ne me ferait du mal à l’extérieur de la maison.”
Moïse Santamaria connaît aussi de nombreux deuils qui le bouleversent. “L’adolescence a été très compliquée puisqu’il y a eu des pertes chères dans notre famille, a expliqué l’acteur qui a révélé : “J’ai perdu ma tante sans qu’on me dise pour quelles raisons, j’ai dû le deviner tout seul. Elle est morte du sida quand j’avais 11 ans.” Moïse Santamaria se confie à propos d’une autre mort dont il est encore marqué, celle de sa grand-mère dont le visage s’affiche sur l’écran derrière l’animatrice. Un moment qui déstabilise le comédien, très ému et manifestement au bord des larmes à l’évocation de celle qui était pour lui “une figure très puissante”. Et de confesser encore : “Et là, il y a eu le silence encore, il n’y a pas eu de dialogue. Je n’ai même pas été à l’enterrement. Ils sont allés en Espagne, ils m’ont laissé en banlieue parisienne où j’ai grandi et ça a été pour moi un virage complet à l’adolescence où finalement j’ai commencé clairement à faire n’importe quoi.”
Moise Santamaria : ce rôle qui a été à deux doigts de refuser, “J’ai failli ne pas le faire”
C’est finalement par le théâtre que celui qui est devenu papa très jeune trouve une issue de secours. Il découvre le pouvoir des mots “Je découvre que je vais pouvoir dire des choses et en plus à travers des personnages…” s’enthousiasme-t-il. “Je tombe complètement amoureux de ça et je me mets à lire énormément”, complète-t-il. Le cursus se termine alors que Moïse Santamaria a déjà 30 ans. C’est l’écrivain et réalisateur Samuel Benchetrit qui lui offre sa première opportunité, et puis de “petit rôle en petit rôle”, les choses s’enchaînent. Boulevard du Palais, RIS, Les Dames, Engrenages, jusqu’au rôle qui le bouleverse complètement, celui du père de Thierry Beccaro, dans Je suis né à 17 ans. “J’ai failli ne pas le faire” a-t-il reconnu. “Quand je lis le scénario je me dis ‘y’a des trucs là ça me remue'”. Il décide finalement d’affronter son passé et de nourrir son personnage “du matériau” de son expérience. Un rôle qu’il ne risque pas d’oublier.