Un si grand soleil – Episode 720 (Saison 3) | Profiter de la situation

Dans l’épisode 720 de Un si grand soleil, le soleil du sud de la France n’a plus rien de chaleureux. Il devient une lumière crue, presque implacable, qui met à nu les fissures morales, les choix déchirants et les secrets prêts à exploser.

Ce n’est pas simplement un épisode de plus. C’est une étreinte suffocante, un moment où chaque personnage se retrouve face à la frontière fragile entre le bien et le mal.


1. La justice est-elle vraiment juste ?

Au cœur de l’intrigue : l’agression d’un jeune migrant, une vérité brutale longtemps dissimulée derrière le masque de la « procédure ». Lorsque la reconstitution confirme des actes de violence commis par un policier, tout vacille.

Un jeune agent, qui avait d’abord couvert son collègue, finit par dire la vérité. Un acte courageux — mais profondément solitaire. Au commissariat, la loyauté semble parfois primer sur la conscience. « On est flics, on doit se serrer les coudes » : cette phrase résonne comme une règle tacite, presque sacrée.

Mais se serrer les coudes pour protéger quoi ?
La justice — ou la corruption silencieuse du système ?

L’auteur des violences, lui, ne manifeste aucun remords. Pire encore, il justifie ses actes comme un moyen « d’envoyer un message », de « protéger la société ». Son discours radical, teinté de propos xénophobes, glace le sang. Lorsqu’il évoque sans détour le fantasme d’une France devenue « République islamique », on comprend que le problème dépasse largement un simple coup porté : il s’agit d’une idéologie toxique.

L’épisode pose alors une question dérangeante :
Un système peut-il se purifier lui-même si le silence est perçu comme un devoir ?


2. Le droit de mourir – la décision la plus douloureuse

En parallèle de l’enquête, une autre intrigue bouleverse : celle de Violette, une femme qui a pleinement vécu, mais dont le cœur fragile menace de lâcher à tout moment.

Elle prend une décision qui sidère ses proches : en cas de nouvelle crise cardiaque, elle refuse toute réanimation. Elle ne veut pas survivre à n’importe quel prix. Elle refuse l’idée d’une vie réduite à l’état végétatif. Elle refuse d’être un fardeau.

Ce n’est pas un caprice. C’est la lucidité d’une femme consciente d’être arrivée au terme de son chemin.

Sa nièce, déjà marquée par la perte de son père, ne peut l’accepter. Elle n’est pas prête à perdre le dernier pilier de sa famille. Leur échange ne verse pas dans le mélodrame. Pas de cris, pas de grandes scènes théâtrales — seulement une douleur contenue, lente, inévitable.

L’épisode traite la question de la fin de vie avec une grande finesse, sans jugement ni prise de position forcée. Il ne dicte rien au spectateur. Il l’oblige simplement à s’interroger :

Retenir quelqu’un à tout prix… est-ce vraiment une preuve d’amour ?


3. Quand la tentation devient « légitime »

Au milieu de ces drames, une intrigue plus légère en apparence se révèle tout aussi dangereuse : un projet de vol.

Une jeune fille découvre que le compagnon riche de sa mère conserve une importante somme d’argent liquide dans un coffre. Un argent qui « sent mauvais ». Un argent douteux. Et une idée surgit :

« Voler un voleur… c’est presque un acte de justice. »

Elle a les clés. Elle connaît le code. Pas de caméras. Pas d’alarme. « Le coup parfait. »

Ce qui rend la situation inquiétante, ce n’est pas la pauvreté ou le désespoir — c’est la facilité. Et surtout, la capacité à se convaincre que l’on agit pour de bonnes raisons. Les personnages s’autojustifient, apaisent leur conscience par des arguments à moitié sérieux, à moitié ironiques.

L’épisode établit un parallèle subtil entre ce vol en préparation et les violences policières.
D’un côté, on invoque la « protection de la société ».
De l’autre, une « justice personnelle ».

Dans les deux cas, tout commence par une rationalisation.

Et c’est précisément là que la frontière morale commence à s’effacer.


4. Une lumière qui révèle tout

L’épisode 720 ne mise ni sur les rebondissements spectaculaires ni sur des révélations fracassantes. Sa force réside dans ses dialogues — incisifs, réalistes, parfois presque insoutenables.

D’un côté, une institution qui tente de se corriger.
De l’autre, une famille confrontée à la mort.
Et en arrière-plan, une jeunesse tentée par l’argent et la transgression.

Ces intrigues, apparemment distinctes, convergent vers une même idée : chacun cherche à “profiter de la situation” à sa manière.

Certains abusent du pouvoir.
D’autres manipulent la confiance.
D’autres encore saisissent l’opportunité.

Mais le soleil continue de briller.
Et sous cette lumière implacable, nul ne peut se cacher éternellement.


Verdict

L’épisode 720 de Un si grand soleil s’impose comme un chapitre dense et profondément humain. Il aborde simultanément des thèmes sensibles : violences policières, racisme, éthique professionnelle, fin de vie et dérives morales insidieuses.

Il ne propose pas de réponses faciles.
Il laisse une empreinte durable.

Et c’est là toute la force d’un grand feuilleton :
ne pas seulement raconter une histoire,
mais nous obliger à nous regarder en face.